Jardines de la Reina 2014

Time : April, 26 to May, 2 – 2014

Equipment used : Nikon D300 Sea&Sea, 2 flashes YS-250, Tokina 10-17 mm.

Coming soon…
Je me glisse dans l’eau transparente, et m’éloigne lentement du bateau. L’eau n’est pas profonde dans ce bras de mangrove, et il n’y a presque pas de courant. Il va venir, il vient toujours m’ont-ils assuré. Je guette donc avec une certaine anxiété son arrivée : je suis dans son élément, sur son territoire, et je ne peux pas m’empêcher de penser que ce n’est peut être finalement pas une si bonne idée. Là, à quelques mètres de moi, un grand barracuda immobile me regarde, spectateur amusé et curieux. « Niño ! Niño ! ». Soudain, ceux restés à bord pointent une direction : il arrive. Je regarde une dernière fois les réglages de mon appareil, et glisse lentement à sa rencontre, arborant le lourd boitier comme un dérisoire bouclier. Le voilà qui apparaît enfin, face à moi, large sourire tout en dents : Crocodylus acutus, le crocodile américain.

En route pour le dernier paradis sur Terre

Imaginez un endroit en plein cœur des Caraïbes, à l’écart des grands circuits touristiques, protégé de la pêche intensive et préservé depuis plus de 25 ans, et abritant une vie marine d’une richesse incroyable : requins, mérous, barracudas, tortues, tarpons, carangues, raies… Ne rêvez plus, cet endroit existe, c’est l’Archipel des Jardins de Reine, à Cuba.

J’avais envie depuis longtemps de tremper mes palmes dans cet endroit magique et préservé des Caraïbes, d’avoir la chance de faire partie des quelques privilégiés qui s’y rendent et côtoient une nature intacte. Mais c’est surtout la possibilité de pouvoir approcher et photographier dans son milieu un crocodile marin qui m’a finalement décidé.  

Les Jardins de la Reine, c’est avant tout une destination qui se mérite. Le départ se fait à l’aube de La Havane, pour rejoindre le petit port endormi de Jucaro situé à plus de 500 km. Encore en plein décalage horaire, je mets à profit les 7 heures de bus pour relire un peu l’histoire de ce lieu incroyable.

Découvert en 1494 par Christophe Colomb et nommé ainsi en l’honneur de la Reine d’Espagne, cet ensemble de petits ilots coralliens baignés de mangrove constitue la dernière barrière avant les grands fonds de la mer des Caraïbes. L’archipel est devenu parc national au milieu des années 90 et a été farouchement préservé sous l’impulsion de Fidel Castro, lui-même passionné de plongée. Il constitue aujourd’hui avec une surface de plus de 2100 km2 la plus grande réserve naturelle de Cuba, vierge de toute pêche intensive, sans aucune construction, dernier paradis sur terre.

L’exploitation touristique de l’archipel a été confiée à une seule société, par le biais d’un accord exclusif entre l’état cubain et un opérateur italien, AVALON. Ce dernier propose donc au choix des séjours plongée ou pêche sportive, et dispose d’une flotte complète de bateaux de croisière, du plus simple au plus luxueux, et d’une confortable barge transformée en hôtel flottant et ancrée au cœur de la mangrove. Bien qu’il ne soit pas réellement limité, le nombre de visiteurs tourne autour d’environ 1000 plongeurs et 500 passionnés de pêche par an.

Arrivés à Jucaro, l’embarquement se fait pour une traversée de près de 4 heures afin de rejoindre le chapelet d’ilots désertiques s’étendant sur plus de 150 kilomètres de long au large de la côte sud-est cubaine. Là, terre, mer et ciel se rejoignent dans des nuances incroyables de bleu et de vert.

Nous prenons nos quartiers sur le Tortuga, cette barge-hôtel reconvertie et remise à neuf en 2012, ancrée dans un chenal de la mangrove. Confortable, spacieux, le centre dispose de tout le confort nécessaire, et d’une cuisine excellente. Les différents bateaux ne sont jamais très loin,  parfois même ancrés à proximité. Les déplacements se font à l’aide de petites annexes rapides et légères, parfaitement adaptées à la navigation dans la mangrove. Sur la cinquantaine de sites répertoriés, une bonne vingtaine de sites, répartis autour de deux grandes passes, est plongée régulièrement. Au nord, des grottes vertigineuses et des requins soyeux. Au sud, des requins gris des caraïbes et des jardins de corail, le long du tombant. Et partout, la même exubérance de vie marine.

Au pays des requins

On vient donc ici pour voir du gros, et plus particulièrement du requin ; et ça tombe bien : du requin, il y en a beaucoup ! Requins gris des caraïbes, requins soyeux, requins nourrices, et même requins baleines à la bonne saison. Avant notre première plongée « requins », Elvis notre guide pose la question fatidique : « Avec ou sans appâts ? ». Cette question nous divise. D’un côté, nous sommes plutôt des adeptes de la plongée sans artifices. De l’autre, la curiosité et le doute l’emportent : et si on ne voit rien ? Tout ce voyage pour rien ? Nous optons donc prudemment pour une première plongée avec appâts. Attention, il n’y a pas dans cette zone de nourrissage des requins à la main : une boîte rectangulaire métallique, percée de trous, sorte de canette géante remplie de morceaux de poissons est mise à l’eau après que les plongeurs se soient immergés et est déposée sur le corail ou dans un éponge géante. C’est plus que suffisant pour attirer de nombreux squales.

Très vite, nous comprenons que la boîte d’appâts n’est pas nécessaire : les requins sont présents à toutes les plongées, et nous accompagnent de la mise à l’eau à la remontée, en restant très près. Mais les requins ne s’y trompent pas : dès la mise à l’eau, ils sont là, nombreux autour du mouillage. Les uns diront que l’accoutumance au nourrissage est forte, et l’association « plongeurs = poisson » bien imprégnée, d’autres que la préservation de la zone favorise la curiosité naturelle de ces grands prédateurs. Sans doute un peu des deux. Mais je ne peux pas m’empêcher de retrouver des similitudes avec les plongées en Polynésie, où, bien qu’en absence de feeding, les squales sont très présents et au contact.

A suivre…

Please follow and like us:
Follow by Email
Facebook
Google+
http://aroundtheblueworld.com/jardines-de-la-reina-2014/
Twitter

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.